Histoire #
Dans sa jeunesse, Burym, qui était alors un jeune guerrier de Markisum, avait fait partie de la campagne militaire qui avait repoussé une invasion orque. L’armée avait poursuivi les peaux vertes jusqu’aux montagne où elles se terraient depuis des décennies et les en chassa. Cette guerre, avait duré 8 ans.
Ordo, le Grand Général de cette armée naine, était le demi-frère du roi Dolin (dit Masse d’Or). En remerciement de ses services, il demanda l’autorisation et des ressources pour coloniser les montagnes d’où il avait chassé les peaux vertes. Ce qu’il reçut et ce qu’il fit.
Burym fut de l’aventure. Après des années de nettoyage des créatures indésirables du coin, de construction par les ingénieurs nains, de travail des champs et de minage, une nouvelle cité émergea : la belle cité de Martyr.
Dans les mines, les centaines de profondes galeries creusées au fil des ans, toujours plus loin dans les montagnes de la Cisaille leur offrirent de nombreux filons de fer et d’argent. Les nains étaient fiers de leur nouvelle cité, témoin majestueux de leur triomphe contre les peaux vertes. Juchée sur un large plateau montagneux, Martyr dominait d’un côté la dense forêt de l’est du Baagmuth, et de l’autre l’immensité de l’océan. Mais la joie des nains ne fut rien comparée à l’exultation qu’ils éprouvèrent à la découverte des filons de Tarkanite (forme rare d’hibonite) qu’ils découvrirent suite à l’effondrement d’une galerie ayant coûté la vie de dizaines de vaillants mineurs. La Tarkanite était une pierre quasi-légendaire chez les nains, mais peu connue du monde. Ses propriétés extraordinaires lui permettaient de briller légèrement en présence de certaines formes de magie malveillante et, entre les mains d’un talentueux magicien, pouvait servir de vaisseau pour de puissants sortilèges. Les nains y virent un signe de leur déesse Samrah, et ornèrent leur cité des plus beaux exemplaires du minéral taillé. Avec ces pierres, la cité connut également un essor économique énorme.
Pendant ce temp Burym, devenu un gradé de l’armé, se maria à Tyr, qui lui donna deux enfant : Tiss l’ainée, un vrai garçon manqué et Burr un artiste dans l’âme.
Le succès extraordinaire de la nouvelle cité attisa la jalousie de plusieurs puissants du continent. A commencer par Dolin, qui avait perdu son trône au profit de son demi-frère, Ordo. En plus d’avoir accaparé le prestige des récentes victoires militaires, son “bâtard” de frère était un roi plus respecté que lui. Vint ensuite la convoitise des cités humaines voisines à l’égard des filons de Tarkanite. Le royaume du Rencen avait perdu de nombreux monopoles commerciaux depuis la naissance de la cité naine. Enfin les Crocs de Mort, les survivant des tribues orques chassées de leurs terres et forcées à l’exil par les puissants du Shaggor pour leur défaite honteuse.
Dolin envoya une missive à Ordo, lui demandant de l’aider à affronter une énorme armée humaine qui approchait au sud de Markisum. Fier guerrier, Ordo accepta. Il rassembla ses guerriers, laissant un petit contingent derrière pour garder la cité. Au point de rendez-vous, une stratégie avait déjà été établie par Dolin : Ordo rabattrait les humains dans la vallée et Dolin, resté en hauteur, les chargerait par l’arrière et les coté.
Mais l’assaut se révéla être un piège tendu par Dolin et c’est l’armée d’Ordo qui fut massacrée par une alliance contre nature de nains et d’orques.
Ordo, Burym et quelques nains s’échappèrent. Lorsqu’ils parvinrent à rejoindre Martyr, traînant tant bien que mal leurs blessés à leur suite, ils trouvèrent leur cité en flammes, détruite par une armée Humaine et Orque.
Burym retrouva son fils empalé devant la porte de la maison familiale. Il avait sans doute tenté de défendre ses proches, et avait péri dans l’affrontement. Tyr, sa femme, brûlée avec ce qui semblait rester de sa fille dans les bras. Fou de colère il attaqua tout ce qui bougeait, mais fatigué et désespéré il mourut transpercé par une lance.
Sur la route pour le royaume des morts, l’âme de Burym entendit une voix puissante lui parler:
« Toi fier guerrier, trahi par tes pairs, endeuillé, la vengeance arrachée par la fin, je te reconduis sur les terres pour que tu y portes ma parole.
Porte la guerre à tes ennemis. Souffle la discorde à leur oreille pour qu’il nous rejoigne, toi et moi, dans mon église de sang et de fer. Qu’ils se tournent les uns contre les autres sur le champ de bataille. Et quand ils tomberont par ta hache dans la pisse et les tripes, offre moi un spectacle GLORIEUX. »
Burym reprit vie 7 ans plus tard. Il ne savait pas exactement où il se trouvait. Sa seule certitude était qu’il apporterait un jour la guerre à ces ennemies, pour sa vengeance et pour honorer celui qui lui avait donné cette chance.
Seconde chance #
Le Réveil du Guerrier #
Quelques jours s’écoulèrent au cours desquels Burym erra sur les routes de l’Herecen, nu et hagard, se nourrissant de quelques rares prises de chasse et autres baies plus ou moins comestibles. Finalement, alors qu’il s’écartait de la route à la recherche d’un abri pour la nuit, il fut surpris par une famille de marchands qui le prit en pitié. Touchés par son allure maigrelette et son expression perdue, ils lui offrirent le couvert et quelques vêtements dont ils pouvaient se délester. Bien qu’il eut encore grand mal à formuler des phrases cohérentes, ou même à remettre de l’ordre dans le chaos de ses souvenir, il trouva les mots pour leur expliquer qu’il cherchait un endroit… une ville… un village… où il pourrait se remettre et gagner quelque piécette. Par chance, la petite famille se dirigeait vers un village nommé Bourg-Everrol.
Il y passa quelques jours, prodiguant quelques soins aux voyageurs qui transitaient à l’Auberge du Gobelet d’Argent en échange d’une chambre et d’un bon repas chaud…
Rencontres #
Ce fut un matin du mois de Jast, après que la nouvelle de la mort d’un messager du duché d’Herecen, que Burym fit la rencontre d’un groupe d’individus pour le moins surprenants : une magicienne cannibale du nom de Titania, un homme-serpent perclus de traumatismes répondant au nom de Bellman et un ancien tortionnaire d’Adelnas rebaptisé Ronan. Ensemble, ils acceptèrent de rapporter un message jusqu’à Cerberock.
De fil en aiguille, d’aventure en mésaventure, leur voyage les mena vers l’ouest, à travers le continent de l’Anthas. Ensemble, ils combattirent les abominables engeances du Tourmenteur qui œuvraient au retour de leur maître, ils essuyèrent la mort de Bellman, et accueillirent même de nouvelles recrues au sein de leur groupe : un mystérieux orphelin de Gormaley au nom inconnu (surnommé successivement Asperge, puis Hirrus), une Demi-Orque maudite par les Elfes de l’Altaa du nom de Ceh’Sil et un Moine Vanara venu des forêts les plus humides et dangereuses du Darthas nommé Aeki.
Burym accepta d’accompagner tout ce beau monde dans leurs péripéties, à une condition : qu’ils l’aident un jour à leur tour dans son entreprise vengeresse, à la gloire de Rhodae et à celle de ses frères et sœurs jadis tombés sous la traitrise du royaume de la Cisaille. Ensemble, ils formeraient le groupe Innominatam.
Vieil ami #
Au cours de son voyage, Burym avait entendu peu de choses au sujet de son passé. Il avait toutefois découvert que Dolin avait réécrit l’histoire, annonçant que Martyr avait été une cité gangrénée par la traitrise et dont les dirigeants avaient habilement comploté pour le renverser, lui ainsi que le reste des grandes familles du palais de Markisum. La roche qui en était extraite aurait été exploitée par de puissants mages sous les ordres d’Ordo qui la destinait à anéantir les défenses de la capitale pour y déverses des armées de peaux vertes. Officiellement, la destruction de cette cité avait été approuvée par le Roi du Rencen, qui s’était même félicité de l’unicité de son pays avec la couronne de la Cisaille, et promis de couvrir d’or quiconque retrouverait pour lui la Hache d’Ordo, dernier symbole reconnu de la magnificence de la cité. Le nom de Martyr était alors rapidement devenu synonyme de honte parmi les nains de la région.
Disparition #
Dévasté par ces nouvelles, Burym – accompagné par le reste d’Innominatam – partit en direction de Port-Emeraude, où un nain nommé Mardo le Borgne s’était taillé une belle réputation en expertisant des géodes de Tarkanite pour les marchands de passage sur le port. Comble du hasard, le nain entretenait depuis des décennies une correspondance avec le maître sorcier de l’Académie de Magie de Heris, un certain Mofur Ecu-du-Dragon, anciennement magicien de l’armée de Markisum, qui assurait la liaison entre Innominatam et l’Archimage Aldor Froid-de-Flamme.
Arrivé à Port-Emeraude, il trouva l’échoppe de Mardo vide et bardée de traces de lutte… Dans un coffre, sous un comptoir, il découvrit un petit carnet ainsi qu’une prothèse de bras en airain enchantée et incrustée de cristaux de Tarkanite. Le carnet contenant des listes de noms et des adresses – allant de Tarel (Herecen) à Cassomir (Karistan), en passant par Hamdas (Rencen), Pont-de-Bois, Almas et même certaines villes Sanides – où des receleurs fortunés et influents s’étaient enrichis dans le commerce de la Tarkanite.
Suivant les indices laissés par le très suspicieux Mardo avant sa disparition, Innominatam s’intéressa à une certaine Dame des Rats, tenancière de la Souricière – une taverne mal famée du quartier de Trahison. Lorsque Burym l’aperçut, il la reconnut immédiatement : Ramona Urendeil, ancien bras armé d’un influent mafieux de Martyr du nom de Markus Van-Kapone. Après leur fuite de la cité, ils avaient accosté à Port-Emeraude pour y faire profil bas (voir ici et ici). Tandis que Van Kapone, sous le nez des autorités, comptait ses pièces de platine en sirotant les breuvages les plus exquis, la Dame aux Rats se chargeait de la gestion des espions et assassins qui gangrénaient la cité.
Après une escarmouche aussi sanglante qu’ardente opposant Innominatam à Urendeil et ses rats, Burym extirpa la vérité de la gorge de la tenancière, alors que les flammes entamaient de ronger la seconde moitié de la bâtisse: Mardo le Borgne avait été reconnu comme le frère du Roi de Markisum, le traitre Ordo. Elle avait organisé son enlèvement et l’avait secrètement confié à l’équipage de la Nécrose Palpitante, un navire de la flotte du célèbre Vander Von Odd, membre du Conseil des Mers de la cité, pour qu’il soit transporté vers le Rencen et vendu au souverain local. Von Odd était également un ami notoirement proche du Duc Tolan.
Seulement voilà… la Promesse du Sel de Port-Emeraude, plus sacrée que la plupart des croyances populaires, interdisait toute violence à l’égard d’un pirate à l’intérieur de la Barrière des Muses. Au moindre signe d’affrontement à bord, l’on ordonnerait leur arrestation et leur exécution, ne fut-ce que par égard pour la sauvegarde de la Promesse.
Et il leur fallait se presser : le bâtiment en question devait quitter le port au matin pour Pont-de-Bois.
Rétribution #
Sans la plus mince hésitation ni regard de pitié, Burym traina Ramona par la chevelure jusqu’au dessus d’une table en proie aux flammes et, sous les regards à la fois perplexes et inquiets de ses compagnons, lui maintint le visage dans les braises. Les flammes mordirent violemment et sans distinction la face de Ramona, comme le bras de Burym. A cet instant, le nain récita une brève prière à l’endroit de la déesse Dae, fille de Rancune et de Vengeance, sous les hurlements d’agonie de sa victime et les protestations timides du reste d’Innominatam.
Ce fut Ronan qui, le premier, sentit la fureur jalouse de Rho face à cet affront. En baissant les yeux sur la main noircie de son compagnon, il constata avec tristesse que l’anneau de bouclier offert par Rho à son protégé n’était plus qu’un vulgaire morceau de métal grossier et fendu. Le reste du groupe comprendrait plus tard que le Burym jovial et attentionné qu’ils avaient connu avait disparu.
Contribution #
Après un bref échange de phrases courtes et incisives entre le nain et le reste d’Innominatam laissant planner une atmosphère de malaise mêlée de méfiance, l’assemblée se dirigea vers le port où ils trouvèrent l’imposante Nécrose Palpitante. De loin, ce navire leur avait d’abord avait paru plutôt quelconque. Mais en s’en approchant, plusieurs détails leur avaient sauté aux yeux : les bardages de cordes et de poulies traditionnels étaient ici remplacés par de fines chaînes étincelantes louvoyant entre des dizaines d’engrenages complexes, inspirant vaguement les fils d’une toile d’araignée. L’immense figure de proue, aux traits féminins inexpressifs et hérissés de pointes, rappelait une vierge de fer. Enfin, du bastingage pendaient dans des cages minuscules les cadavres de 3 malheureux, à la chair cuite par le soleil. A bord, une paire de matelots pâles et maigrelets effectuaient leur ronde de nuit sur le pont supérieur.
Ce fut Hirrus qui nota un petit symbole d’acier rouillé, incrusté dans la coque du navire, sur le front de la figure de proue: il s’agissait de l’œil de Xenoth, déesse malveillante de la douleur et de la torture. À la seule vue de cet élément, le groupe décida d’un seul homme de la suite des événements… Ils useraient des compétences acquises au cours de leur périple pour convaincre l’équipage de leurs compétences maritimes et leur appétence occasionnelle pour la torture…
… Et le garçon, il fait quoi le garçon ? – Un fidèle trop bavard à qui on a coupé la langue…
… Et ce serpent, il est à vous ? – Le singe dort mal sans sa dose de poison quotidienne…
Ah… euh… oui alors d’accord pour la Vouivre, mais on va la mettre dans une cage à nous…
… Et Mademoiselle, c’est pour quoi faire, cette cuillère ? – Viens, je te montre...
Innominatam savait se fondre dans la masse. Mais ce fut avec un brio déconcertant que le groupe au complet parvint à se faire accepter à bord du navire, alors même que le jour pointait à l’horizon. Et alors que la Nécrose Palpitante quittait Port-Emeraude, Burym soutenait la ville toute entière du regard, jurant devant Dae de détruire Van Kapone par tous les moyens à sa disposition.
Vénération #
Les membres d’Innominatam, désormais partie intégrante de l’équipage de Vander Von Odd sous le commandement du Capitaine Kastriof Coeur-de-Soufre, furent invités à prendre leurs quartiers à fond de calle, parmi les « caisses de marchandises ». Là, ils découvrirent une chose à laquelle ils ne s’étaient pas attendus : la Nécrose Palpitante était aussi un temple dédié à la déesse Xenoth. Le pont le plus bas du bâtiment, plongé dans la pénombre, était agencé à la façon d’une nef. Plusieurs rangées de bancs ordinaires faisaient face à un autel en fer forgé sur lequel était disposé le cadavre lardé de plaies béantes d’une jeune femme à peine plus âgée que Hirrus. Sur le mur du fond était érigé le symbole de la déesse, pendant au bout de chaînes d’acier. Sous cet Œil de Xenoth, une de porte menait à une pièce à peine assez grande pour loger un homme. Ou plutôt un Nain…
Là, la tête basse, le corps inanimé d’un nain borgne et manchot était maintenu en place, droit sur ses genoux par de puissante chaînes tendues. Tombant du plafond, ou bien incrustée dans les murs de bois, ces chaînes reliaient le corps du malheureux aux parois de la pièce par de larges crochets plantés directement dans les muscles de ses épaules, de son dos et de son bras. Si bien que le Nain, trop faible pour se relever, pendait mollement, l’œil vide, avec pour seule compagnie le cliquetis des chaînes bringuebalées par la houle.
Exfiltration #
Devant ce spectacle horrifiant, le groupe décida d’œuvrer prudemment à la survie du Nain pour le reste du voyage, tout en évitant de se faire démasquer par le reste de l’équipage. A commencer par l’administration de soins d’urgence, de sorte à atténuer les souffrances du malheureux sans pour autant trahir leurs intensions auprès des matelots. La situation était pour le moins critique… Ordo ne supporterait certainement pas beaucoup plus longtemps le supplice et Burym se prenait à estimer ce qui, de la tête ou du cœur, lâcherait avant l’autre. Pourtant, bien incapables de manœuvrer seuls un navire d’une telle envergure, ils devraient attendre d’apercevoir la rive de Pont-de-Bois pour délester la Nécrose Palpitante de ses passagers.
Ainsi, deux jours durant, Innominatam rongea son frein. Ils occupèrent leurs journées à l’accomplissement des tâches qui leur étaient hurlées, et qui consistaient principalement à nettoyer, affuter et huiler divers instruments selon les préceptes du culte de Xenoth. Ils profitèrent ensuite de leur dernière nuit à bord pour verser dans les réserve de viande séchée le contenu de plusieurs fioles de potions préparées lors des derniers mois. Et ce fut au matin suivant que le cauchemar commença pour les matelots de la Nécrose Palpitante.
D’abord il y eut les poils… même dilué dans la graisse de porc, le contenu d’une potion de Repousse-Poils fut plus que suffisant pour créer la surprise dans les rangs de l’équipage. A peine quelques minutes après les premières bouchées, l’on aperçut les premiers mètres de sourcils qui jonchaient le sol. Cheveux et poils envahirent le pont supérieur, broussailleux et dangereusement entremêlés tandis que la seconde potion prenait le relai : la très justement nommée Malocucus, bijou parmi les créations de Ronan et Aeki. A ce stade, les pauvres victimes, roulées en boule sur un lit de poils et d’excréments, se tournèrent vers leur déesse, fut-ce pour la supplier ou pour la maudire. Quel que fut leur choix, la Potion du Zozoteur les força, tous autant qu’ils furent, à s’exclamer en rimes. En tendant l’oreille, on put même entendre un sonnet complet sur hémorroïdes provenant de la vigie.
Mais Innominatam ne prit pas le temps de profiter du spectacle. Dès les premiers signes de surprise, ils se glissèrent dans le temple et extirpèrent le Nain de sa prison. Une Potion du Larabai lui donna l’apparence d’un Elfe au teint pâle, suffisamment longtemps pour qu’ils puissent se glisser parmi les matelots et filer à la Naine à bord de deux des quatre barques du navire. Avant de s’éloigner, ils gratifièrent la Nécrose Palpitante d’une généreuse salve de feux grégeois, lancée par dessus l’épaule, qui fit son petit effet… une idée de Hirrus. Puis ils pagayèrent vers la côte, galvanisés par la fierté d’avoir sauvé Ordo, et la joie de retrouver la terre ferme.
Révélations #
Dès leur arrivée à Pont-de-Bois, le groupe prit immédiatement ses quartiers dans l’auberge la plus confortable de la ville, où ils installèrent le Nain pour lui permettre de récupérer des forces pour une paire de jours. Puis vint le temps des retrouvailles. Lorsqu’il eut enfin repris des couleurs, il prit d’abord Burym pour un esprit qui lui rendait visite dans ses rêves éveillés. Il fallut au groupe une bonne demi-journée, à base de gesticulations, jeux de devinettes et quelques torgnoles amicales pour lui faire admettre que son ami était bien vivant. Ordo put enfin livrer ses secrets :
Il était tombé au combat après qu’un orque lui ait tranché la main. Les quelques survivants de son bataillon était parvenus à le maintenir en vie et l’avait exfiltré de la vallée à dos de poneys. Plusieurs mois plus tard, il s’était établi à Port-Emeraude sous un faux nom, d’abord comme assistant d’un alchimiste de Prompt-Jugement, puis à son compte dans une petite échoppe en ruines près du port. Là, il avait surveillé les transactions de Tarkanite de la région et appris l’identité des hommes et femmes qui s’étaient le plus enrichis sur le malheur de leur cité.
Depuis la chute de Martyr, les cités naines de la Cisaille étaient secouées par des rumeurs selon lesquelles Ordo n’était pas le traître qu’on décrivait, et que la destruction de Martyr n’avait été qu’un acte de jalousie entre deux frères. Les sceptiques accusaient à demi-mots le roi Dolin de ne plus être apte à régner. Mais ceux qui le disaient trop fort se voyaient accusés de traîtrise eux-mêmes. Leurs familles étaient emprisonnées ou envoyées dans les mines. En 10 années, Dolin s’était forgé une nouvelle réputation, qui avait remplacé le profond respect par la crainte et la méfiance. Ceux qui n’étaient alors pas avec lui étaient contre lui.
Le fait que que le corps d’Ordo n’ait jamais été retrouvé (ni sa hache) donnait espoir à certains Nains d’un retour du frère du Roi. Et potentiellement d’un changement de régence. D’où l’importance pour Dolin de retrouver la bien nommée “Hache de Martyr” : prouver à tous qu’il était le seul et unique Nain en droit de diriger les cités de la Cisaille.