
Alignement: LM
Gouvernement: Dictature morte-vivante
Dirigeants: Sa’o
Capitale: Hildiri (42.000)
Villes: Requiem, Sani, Rona, …Sites:
Habitants: Principalement mort-vivants
Langues: Me’orien
Religions: Ydis, Xenoth, Nyl-Neth
Adjectif: Sa’oïte
Royaume forgé durant l’Âge de la Dissonance par un puissant nécromancien, le Sa’o était désormais renommé pour être une terre de non-morts, et tandis que les plantations remplies de travailleurs zombies avaient pu marquer les esprits, il y avait bien plus au Sa’o.
Histoire #
Au Sa’o, on trouvait partout des traces de l’interminable guerre qui avait fait rage pendant des siècles entre Sa’o et l’Archimage Tum, traces qui s’étendaient loin au sud, jusqu’aux Terres Ravagées qui séparaient le Me’or et le Tumbeo. Tum et Sa’o avaient poursuivi leur combat pendant des premiers siècles, échangeant de brutales attaques magiques. Au plus fort du conflit, Sa’o avait utilisé de puissants sorts de Souhait pour vider les terres de Tum de toute vie, ce qui avait transformé en zones sinistrées les territoires à l’extérieur des villes du Tumbeo, qui elles étaient protégées par magie. Tum avait contre-attaqué en invoquant une série de cataclysmes dévastateurs sur le Sa’o, tuant des dizaines de milliers de personnes.
Plutôt que d’admettre la défaite, Sa’o avait répliqué en animant les cadavres de son peuple décimé en une vaste légion de morts-vivants. En -2424 AR, Sa’o avait tenté d’assassiner Tum et sa cour en assiégeant la capitale tumbéenne de Exonovis avec des nappes empoisonnées de brouillard jaune. Même si ce siège avait tué des milliers de personnes, Tum lui-même avait disparu mystérieusement de sa forteresse, et n’avait plus donné signe de vie depuis.
Sa’o avait passé les décennies suivantes à angoisser amèrement, incertain du sort de son rival et privé de la victoire qu’il avait tant désirée. Finalement, en -2368 AR, ses incertitudes étaient devenues trop intenses et Sa’o s’était suicidé de manière rituelle. La mort n’avait offert aucun répit au nécromancien immortel. Convaincu que Tum avait d’une manière ou d’une autre échappé à sa vengeance, Sa’o était revenu sous la forme d’un fantôme enchaîné à Cicerion jusqu’à ce que son triomphe sur son adversaire soit certain. Après son retour, il avait inauguré un nouvel âge sinistre de nécromancie pour son domaine.
Les pays voisins avaient rapidement pris des mesures et lancé des raids, des blocus navals et des assauts qui avaient entravé le Sa’o pendant des millénaires. Même des ennemis venus du lointain Anthas avaient participé et tenté de se bâtir une réputation de héros en frappant le « royaume mort-vivant » à la périphérie du monde connu. Les restes des Froides Lames, pourtant largement inférieurs en nombre, avaient lancé un assaut avorté dans le siècle qui avait suivi la fin de la Croisade Étincelante. Les arrière-petits-enfants des héros qui avaient permis d’emprisonner le Tyran-Qui-Murmure sous la sombre tour de Gibet avaient voulu accroître leur renommée en triomphant d’un autre tyran mort-vivant de Cicerion, Sa’o, le Roi Fantôme.
Pour prix de leur orgueil, Sa’o avait réanimé les cadavres des sept soi-disant assassins pour les transformer en Chevaliers Tombaux. Il les avait envoyés à l’ouest, au Dunmen, avec pour ordre de lui ramener le corps d’Arazni, la demi-déesse protectrice des chevaliers qui était morte au plus fort de la croisade et que ces derniers vénéraient encore comme l’ancien héraut d’Ardma. Sa’o avait réanimé son cadavre et en avait fait sa Reine-Catin. Au fil des siècles, ses murmures empoisonnés l’avaient poussée à se retourner contre les Froides Lames et Samrah, celle qui avait succédé à sa déesse. Aujourd’hui, Arazni siégeait de son plein gré sur le trône d’Hildiri et cela faisait huit cents ans qu’elle régnait avec cruauté aux côtés de Sa’o.
Depuis la disparition de son énigmatique chef, le Tumbeo avait presque complètement cessé les hostilités contre le Sa’o. Les récoltes ramassées par les zombis du Sa’o représentaient le plus gros de l’alimentation du pays et ils les échangeaient contre toutes sortes de marchandises et de composantes rares qui servaient dans l’étude et la pratique de la nécromancie. Si la haine du chef du Sa’o pour son ennemi juré brûlait encore, même après des milliers d’années, les gens du peuple se souciaient bien peu de l’ancien conflit avec le Tumbeo et, en dehors du paysage et des habitants dangereux des Terres Ravagées, le commerce entre les deux pays ne pourrait pas être plus florissant.
Géographie #
Le Sa’o était situé à la pointe nord-est du Me’or. Mis à part le pays des pharaons, il n’était frontalier d’aucun autre territoire, et était encerclé par la Tranchée de l’Éternité et la Mer des Atrocités. En son centre, perçait le Mont Brisé dont le pied était envahi de l’armée mort-vivante de Sa’o, tandis que le Champ des Dames, à l’est, montrait au monde l’étendue de ses pouvoirs personnels.
Malgré les menaces constantes des armées étrangères, le plus grand danger pour le peuple du Sa’o venait des Terres Ravagées. Bien qu’elles ne touchent pas directement le pays, d’étranges aberrations et des créatures d’autres mondes capables de se déplacer furtivement en sortaient soudainement pour rejoindre le Sa’o et s’attaquer aux habitants du sud du pays. Au même titre que les meutes de goules sauvages et les groupes de zombis affamés et rapides, ces créatures représentaient un péril pour les voyageurs qui se déplaçaient d’une ville à l’autre, ce qui expliquait pourquoi la plupart des villes sa’oïtes étaient entourées de solides fortifications.
Sites d’intérêt #
Bois Axan #
Le bois Axan – une « forêt » pervertie faite d’arbres détruits par magie, aujourd’hui morts ou morts-vivants – encerclait le Mont Brisé. Il abritait d’étranges créatures d’énergie négative et des ombres que l’on ne trouvait nulle part ailleurs en Cicerion, comme des dryades mortes-vivantes, des loups rusés imprégnés d’obscurité et de haine, ainsi que d’énigmatiques licornes du crépuscule.
Champ des Dames #
En 1329 AE, la Reine-Pirate Mastriel Slash avait mené une armée de guerrières à travers le Sa’o, depuis la côte est du pays. Ces femmes téméraires avaient fui un conflit agitant les côtes de la Pointe du Scorpion et attaqué le pays dans une tentative désespérée de se créer un nouveau foyer. Le mage Sa’o leur avait fait payer leur impudence en transformant en pierre l’armée toute entière, juste avec quelques mots de pouvoir, immortalisant leur défaite dans ce que l’on appelait aujourd’hui le Champ des Dames.
Hildiri #
La capitale du Sa’o était une ville de pyramides construites dans le style de l’ancien Me’or, chacune abritant l’un des Seigneurs Sanglants ou une autre puissante famille aristocratique. La plus grande de ces pyramides, le Cinérarium, était le palais de Sa’o et de sa Reine-Catin. Cet édifice aux murs de jais et d’obsidienne polis dépassait cent quarante mètres et dominait le centre de la ville. Le plus grand temple d’Hildiri était dédié au Prince Pâle. Il s’agissait de la Cathédrale des Épiphénomènes, qui occupait à la fois des prêtres vivants et des prêtres morts-vivants. Le port d’Hildiri abritait des navires de nombreuses nations et servait de principal point de départ aux exportations de nourriture du Sa’o.
Requiem #
La lugubre ville de Requiem se situait aux pieds du Mont Brisé dans le centre du Sa’o. La ville elle-même était un ossuaire, construit à partir des os des sa’oïtes qui n’avaient pas pu ou voulu être réanimés en morts-vivants après leur mort. Requiem abritait également le Seuil Vide, un temple dédié à Xenoth.
Sani #
La plus grosse partie des légions mortes-vivantes de Sa’o, principalement des zombis et des squelettes, est stationnée dans la ville de Sani, non loin de sa frontière avec le Me’or. Le Mur d’Os, une longue barrière d’os jaunis, ceint la ville et peut être animé par les Seigneurs Sanglants pour défendre la ville en cas de siège. Sani, la plus grande ville du Sa’o, abritait plusieurs collèges et laboratoires de recherche en nécromancie. Le plus connu était le Mortuarium, une tour torsadée qui s’élevait au-dessus des sommets de la ville comme un bras décharné et griffu.
Gouvernement #

Depuis quelques siècles, Sa’o se consacrait à une vie de contemplation et de tourment psychologique. Il laissait la majorité des affaires quotidiennes du royaume à Arazni, sa Reine-Catin. La malédiction qui liait son esprit à Cicerion l’empêchait de s’aventurer hors des frontières de son pays, ainsi les rares fois où il se manifestait, il le faisait exclusivement sur ses terres. Malgré son absence, son ombre planait lourdement sur le pays. Des milliers de statues à son effigie bordaient les avenues sinueuses et les balcons arqués de la nation, et son glyphe personnel ornait le drapeau national. La plupart des lanceurs de sorts du pays suivaient son exemple et concentraient leurs efforts sur la nécromancie, un savoir national qui attirait des mystiques de tout Cicerion obsédés par la mort. Car les morts-vivants n’étaient jamais aussi nombreux ni aussi libres de leurs mouvements que dans les rues et les champs du Sa’o.
Après des siècles de règne de morts-vivants, les bibliothèques du pays étaient les plus grands dépositaires de connaissances nécromantiques du monde. Arazni, l’ancien héraut avilie et réanimée d’Ardma, servait de « face publique » à Sa’o vis-à-vis du monde extérieur et s’occupait du plus gros des affaires politiques quotidiennes du pays. Elle avait gardé auprès d’elle les Chevaliers Tombaux qui avaient « sauvé » son corps du Dunmen, comme serviteurs et envoyés personnels. Toutefois ils n’étaient plus que cinq. Les Froides Lames, tenaces malgré leurs difficultés, traquaient sans cesse leurs anciens camarades pour leur accorder le repos éternel. Pire, avant qu’elle ne soit réanimée, les bons chevaliers avaient retiré plusieurs organes internes à Arazni et les utilisaient comme reliques religieuses. Même aujourd’hui, ces artefacts éparpillés étaient connus pour exercer un certain pouvoir sur elle, et pour contenir tout ce qui restait de son ancienne bienveillance. La Reine-Catin craignait que ses ennemis n’emploient ces reliques contre elle et se faisait un devoir de les traquer et de les détruire.
Les Seigneurs Sanglants représentaient les nobles les plus puissants du Sa’o. Ils se composaient d’une soixantaine de nécromanciens placés sous les ordres du chancelier de Sa’o, le seigneur vampire Kemnebi. Ce groupe s’était autrefois composé de magiciens mortels mais aujourd’hui, il comptait une majorité de morts-vivants, dont des vampires, des spectres, des momies, des obscurs et des liches. Les nobles de moindre rang étaient des mohrgs, des âmes-en-peine, des ombres et des goules, de misérables créatures animées par une haine éternelle. Ces êtres cruels et maléfiques pour lesquels les Seigneurs Sanglants n’avaient aucun respect et auxquels ils n’accordaient que des moqueries, se vengeaient sur les mortels et les morts-vivants dépourvus d’intelligence à coups de railleries impérieuses et méprisantes, alors qu’ils se drapaient dans de fines soieries venues de pays étrangers et prétendent appartenir à la haute aristocratie.
Un corpus de lois complexe et rébarbatif protégeait les droits des mortels et des morts-vivants intelligents. Ces « Lois Mortes » protégeaient également les vivants contre les appétits cruels des morts, régulaient certains aspects de la nécromancie, interdisaient la canalisation d’énergie positive et indiquaient le traitement et l’entretien à accorder aux esclaves, morts ou vivants.
Les morts-vivants intelligents possédaient les mêmes droits que leurs confrères vivants, et parfois plus qu’eux. Les morts-vivants qui avaient besoin de se nourrir des vivants disposaient d’un cheptel élevé à cet effet, ce qui offrait une certaine protection aux visiteurs mortels qui craignaient de sentir des dents effilées sur leur cou au milieu de la nuit. Comme dans tout pays, tout le monde ne suivait pas la loi à la lettre et plus d’un groupe, surtout dans la basse noblesse des goules et chez les aristocrates vampires, cherchait ouvertement à la circonvenir. Pour les vivants, le Sa’o était un endroit plus sûr que ce que la plupart des étrangers craignent, mais les voyageurs prudents feraient bien de rester sur leurs gardes, et d’avoir de l’eau bénie à portée de main.
Relations internationales #
Même si l’on aurait parfois dit que le monde entier concentrait son hostilité contre le Sa’o, ce dernier ne faisait pas la guerre à ses voisins, cherchant plutôt à influencer les autres pays par de subtiles manœuvres d’espionnage et de constantes tentatives d’intimidation. Comme la classe dirigeante du Sa’o ne vieillissait plus, les chefs de la nation pouvaient se permettre d’ourdir des complots qui s’étalaient sur plusieurs siècles. Tout le royaume était entièrement dépourvu de sentiment d’urgence, en toutes choses, et les visiteurs se rendaient souvent compte que le meilleur moyen de conserver sa santé mentale lors d’un séjour prolongé au Sa’o était de suivre les règles suivantes : respecter la loi du silence et détourner le regard.
Le pays entretenait de bonnes relations avec le territoire voisin du Me’or, qui offrait entre autres choses une excellente protection contre tout ce qui aurait pu venir du Ceoken. Seul le Dunmen nourrissait toujours une réelle inimitié à l’encontre du Sa’o, car les Froides Lames étaient incapables d’oublier ou de pardonner le vol du corps d’Arazni dans leurs chambres fortes.
Habitants #
Au début de la guerre contre Tum, la plupart des sa’oïtes avaient été des humains bien vivants, des descendants d’une ancienne colonie me’orienne, qui avaient légèrement favorisé la nécromancie pour s’adapter aux goûts de leur seigneur immortel. Les morts-vivants avaient gagné de plus en plus d’influence dans la société sa’oïte car Sa’o en avait réanimé des légions entières et avait fini par se réincarner lui-même en fantôme. Aujourd’hui, les morts-vivants étaient la société sa’oïte. Et plus les années passaient, plus les humains et les autres créatures vivantes étaient marginalisés. Les nécromanciens mortels restaient une exception essentielle à cette dynamique et bénéficiaient de sorts, d’amulettes et de rituels pour les protéger contre les morts-vivants, voire même leur permettre de les contrôler.
Les mortels les plus puissants du pays appartenaient au groupe des Seigneurs Sanglants, les apprentis personnels de Sa’o qu’il formait à la magie noire dans l’inquiétant Mausolée d’Ébène d’Hildiri. C’était eux qui s’occupaient des affaires quotidiennes du royaume. Beaucoup de Seigneurs Sanglants avaient embrassé la non-vie pour prolonger leur règne de plusieurs siècles, mais d’autres étaient restés mortels et passaient leur temps, non sans angoisse, à éviter les boissons empoisonnées et les spectres affamés.
Par décret royal, tous les mortels qui succombent sur le sol du Sa’o étaient réanimés comme morts-vivants dépourvus d’intelligence et servaient d’esclaves dans les champs luxuriants et les demeures des citadins. Les mortels qui possédaient assez d’ambition et un statut social suffisant pouvaient éviter cette situation en se soumettant volontairement à de sombres rituels – ou plutôt à une exécution pure et simple – menés par de puissants morts-vivants intelligents qui les ramenaient à la vie dans une version pervertie de leur ancienne forme. Pour les sa’oïtes, cette transformation était un acte de fidélité ultime, car ils se donnaient alors aux pouvoirs nécromantiques de leur souverain fantomatique immortel.
Chevaliers Tombaux #

Un Chevalier Tombal était un puissant guerrier mort-vivant. Analogue d’une certaine façon à une liche, l’esprit d’un Chevalier était lié à son armure, et un Chevalier Tombal dont l’armure survivait pourrait se régénérer en quelques jours.
Description #
Les Chevaliers Tombaux étaient des créatures mort-vivantes provenant de chefs de guerre tombés, et de combattants pervers. Ils étaient des tyrans et des meneurs de la non-vie, gagnant la capacité innée à commander les morts-vivants, qu’ils soient intelligents ou non. Ils pouvaient libérer des explosions destructrices d’énergie et invoquer des montures maudites pour les porter au combat.
Apparence #
Un Chevalier Tombal apparaissait comme une armure profane couvrant un corps desséché. Ces créatures arboraient les mêmes armes et armures que de leur vivant, mais perverties par leur réanimation profane.
Economie #
Le climat luxuriant du Sa’o combiné aux vents chauds de la Mer des Atrocités créaient des plaines luxuriantes au Sa’o, permettant aux semences de prospérer. Les champs étaient principalement entretenus par des morts-vivants sans intelligence, et les aliments étaient la principale exportation du Sa’o. Avec relativement peu de vivants à nourrir, la production était échangée contre des composants rares et des biens de luxe. Ils échangeaient également de la nourriture avec la cité indépendante d’Alken en échange de son Vin Glacé, qui était un plaisir de la noblesse sa’oïte. Le Sa’o exportait également vers les nations de l’Océan des Hasards.