
Alignement: LN
Gouvernement: Conseil des Anciens dirigé par le Gardien de la Première Loi
Dirigeants: Malduoni, Gardien de la Première Loi
Capitale: Azir (gouvernement situé à Botosani)
Villes: Botosani, Manaket, Haldun…
Sites: Oasis Éternelle, Montagnes de Napsune, Tombe des Empereurs
Habitants: Humains
Langues: Commun
Religions: Rhodae, Samrah, Ja’ty
« Qu’aucun homme ne soit redevable d’un dieu« , telle était la Première Loi de la Thuvia. Suite aux guerres que s’étaient livrées les suivants d’Ardma, de Nyl-Neth et de Noirs Doigts, la seule religion en laquelle la Thuvia croyait, c’était l’Homme.
Géographie #
La Thuvia était située au sud-ouest du Darthas, ses côtes donnant sur la Mer des Atrocités. Ses voisins immédiats étaient la Tomza, le Lanceo et le Ryceo.
Le pays était très sec et n’avait que très peu de zones agricoles. S’il était possible de trouver des champs à proximité des côtes, le centre du territoire était un désert rocailleux. Néanmoins, il subsistait encore au sud des Monts Absurdes les restes de l’ancienne forêt qui existait avant l’arrivée du désert. Les Thuvians appelaient cette zone l’Oasis Éternelle.
Histoire #
Au début de l’Âge de la Fugue, en -7119 AE l’Imperium de Waruni faisait la première tentative humaine pour rebâtir une civilisation dans la région de la Mer des Atrocités, après la terrible dévastation qui avait suivi la Chute de la Première Lune. Il aurait pu donner naissance à une grande majorité des nations modernes de l’Anthas et du Darthas, mais son destin n’avait pas été aussi glorieux. En effet, un autre pays, le Me’or, s’était avéré être le vainqueur de cette course à la civilisation. Aujourd’hui, on savait peu de choses des waruniens et de leurs réussites, car le Me’or avait absorbé ou effacé leurs anciennes traditions.
Après la chute du Me’or, vers -747 AE, le pays qui formait aujourd’hui la Thuvia était tombé sous l’influence de nombreuses cités-états isolées. A l’arrivée des fidèles d’Ardma après avoir répandu leur religion dans le nord du Darthas comme des rayons de soleil levant, ils avaient rencontré une résistance soudaine dans les cités-états qui préféraient Nyl-Neth et Noirs Doigts. Il s’en était suivi plus de six décennies de guerres de religion destructrices entre les fidèles des trois dieux, les Guerres d’Allégeance, qui ravageraient la région. En -445 AE, la milice d’Ezkiam, lasse, faisait brûler tous les temples de la grande ville et exilait les membres de leurs clergés. Avec le philosophe Kalim Onaku à sa tête, la milice stabilisait la cité en proie à la guerre. Pour asseoir son pouvoir et s’assurer qu’aucune autorité divine ne prendrait le pas sur lui, Kalim Onaku promulguait un ensemble de lois qui devraient être suivies par les habitants de la Thuvia. La première d’entre elles était le bannissement de la religion sur tout le territoire et était exprimée en ces termes : Qu’aucun homme ne soit redevable d’un dieu.
Au cours des cinq années suivantes, les Lois d’Ezkiam se propageaient dans toute la région, mettant un terme aux Guerres d’Allégeance et repoussant toutes les formes de religion hors du pays. Les communautés désireuses de prêter allégeance aux nouvelles Lois de l’Homme étaient accueillies dans la nation d’Onaku en pleine expansion, la Thuvia. Depuis cette époque, la Thuvia avait suivi une voie fermement laïque. Personne n’y niait l’existence ou la puissance des dieux, mais ce peuple considérait le prix de leur égide bien trop élevé. L’absence de religion avait amené à la région la paix qu’elle avait désespérément attendue, mais toute médaille avait un revers… Des épidémies avaient ravagé Ezkiam et Larmaea par trois fois au cours des cinq cents dernières années, et la menace d’une famine planait au-dessus de ce fragile pays. Il y avait de cela un siècle, la ville de Thowen avait été l’un des ports les plus verdoyants de la Mer des Atrocités. Aujourd’hui, les envahissants sables du désert, qui avaient réduit ses célèbres jardins à des souvenirs d’un passé révolu, l’enserraient de tous côtés. Peu osaient le dire tout haut, mais de nombreuses rumeurs empreintes de nervosité prétendaient que les dieux auraient finalement décidé de punir l’insolence du peuple de Thuvia. Malgré cela, les Thuvians s’accrochaient à leurs anciennes lois et évitaient tout contact avec la religion.
Cependant, en 1706 AE, un événement avait chamboulé le pays de fond en comble : le Grand Incendie d’Ezkiam. En effet, après que la capitale soit partie en fumée, emportant avec elle plus d’un tiers de ses habitants dont le gouvernement en entier, un conflit politique de succession s’était engagé. Les tenants de la Première Loi, majoritaires, maintiendraient leur position d’intransigeance à l’égard de quiconque prêchait la parole d’un dieu, tandis que les églises secrètes éparpillées sur le territoire, voyant là l’occasion de prendre le pouvoir, monteraient une fragile alliance afin de s’asseoir sur le trône.
Les frontières du pays étaient restées stables jusqu’à nos jours.
L’Oasis était située loin à l’est de la chaîne des Montagnes Affamées, et bordait le principal fleuve du pays, la Sinueuse.
Sites d’intérêt #
Manaket #
Le prestigieux collège de magie de Manaket, l’Occularium, avait l’intention de reconquérir les terres envahies par le désert grâce à une série de tranchées et de digues mouvantes, soigneusement conçues pour maintenir le sable éloigné. La ville investissait des ressources significatives pour étudier la faisabilité de ce projet et faisait venir des ingénieurs mécaniciens du nord-est du Me’or.
Nuat #
L’île de Nuat se situait à soixante-quinze kilomètres de la côte méridionale et représentait la première ligne de défense de Thuvia contre les attaques des pirates des Chaînes. La marine thuvianne entretenait une flotte conséquente sur le flanc occidental de l’île et patrouillait dans la baie d’Ezkiam en si grand nombre que seuls les contrebandiers et les boucaniers les plus courageux osaient essayer de franchir le blocus. Le reste de l’île appartenait à de petites communautés de fermiers et de pêcheurs. Les chaudes averses venues de l’ouest en faisaient les terres agricoles les plus productives du pays et elles exportaient de grandes quantités de récoltes vers le continent. La majorité de l’île était plate et est exposée aux tempêtes. Même si les habitants étaient aussi athées que dans le reste du pays, ils avaient de nombreuses superstitions que tolérait la Légion de Gypse. La plupart concernaient les Hommes Minces, des créatures fantomatiques qui hantaient les champs de canne et rôdaient juste en lisière des feux de camp. Véritables esprits ou race inconnue qui se nourrissait des résidents de la Thuvia ? Nul ne le savait.
Oasis Éternelle #
Au nord du pays, l’Oasis Éternelle n’était pas alimentée par la moindre rivière et n’était la source d’aucune. Elle restait un mystère, même pour les sages les plus instruits de ce pays. Là, des milliers de sources d’eau douce babillaient dans un réseau de mares cristallines et de marais, qui abreuvaient d’immenses arbres feuillus qui seraient davantage à leur place dans les jungles du Ceoken. Le plus étrange étant peut-être que les arbres buvaient toute l’eau disponible, au point que la démarcation entre le désert et l’Oasis semblait tracée au couteau et que pas une goutte ne filtrait dans les sables. Que cette limite ait été d’origine magique ou non était un mystère pour tous. Certaines personnes pensaient que ce vestige de l’ancienne abondance de Thuvia était protégé par ses habitants ou par la forêt elle-même. Quelque chose rôdait dans les ombres du bois et bien des marchands ayant succombé à ses tentations ne revenaient jamais auprès de leur caravane.
Gardesable #
En dépit de son nom inoffensif, cette immense citadelle était l’un des sites les plus craints et les plus respectés de Thuvia, car il s’agissait du quartier général de la Légion de Gypse. Elle ne dépendait de personne si ce n’est de la Première Loi et formait une entité indépendante du gouvernement. C’était là que la Légion conservait la plupart de ses secrets, loin des villes où la foi pourrait soudain s’embraser comme un feu de brousse et détruire tout ce qu’elle avait construit. C’était depuis cette forteresse trapue que Karsakim, l’actuelle Épée de l’Homme, surveillait sereinement le désert à une trentaine de kilomètres à la ronde. Il savait que, si les faibles d’esprit devaient prendre les armes contre les gardiens de la Première Loi, ses troupes auraient tout le temps de mettre le feu aux Caveaux des Mensonges dans lesquels étaient cachés des milliers de textes religieux confisqués, pour que les gardiens puissent les analyser et s’en servir pour mener leur guerre séculière.
Gouvernement #

La direction des affaires du pays était confiée au Gardien de la Première Loi. Celui-ci était élu pour cinq ans parmi les membres du Conseil des Anciens et par ses pairs. Le Conseil était composé de représentants des villes mais aussi des tribus nomades qui peuplaient la Thuvia. Le Gardien actuel, Malduoni, appliquait de façon stricte la loi, et considérait le titre du pays au pied de la lettre : le Royaume des Hommes. Ainsi, sa politique s’était faite peu à peu raciste et isolationniste, refusant le contact avec certains peuples du Ceoken et emprisonnant arbitrairement certains non-humains pénétrant sur le territoire, qui n’auraient pas été invités par des thuvians.
Les lois en vigueur en Thuvia n’ayant pas été inspirées par une quelconque croyance, le gouvernement pouvait paraître très libéral aux yeux des étrangers. Les citoyens étaient très fortement impliqués dans la vie politique du pays et il n’était pas rare que les discours des dirigeants soient commentés publiquement. De plus, les dirigeants avaient toujours prôné l’auto-discipline comme arme contre la délinquance. Les barrières entre le droit et le non-droit étant traditionnellement fixées par la morale de chacun et la tradition familiale.
L’esclavagisme était toujours largement en vigueur dans le pays, malgré ses idées philosophiques poussées.
De plus, il était intéressant de noter que si les drogues douces étaient officiellement interdites, et que les personnes atteintes d’addiction étaient souvent refoulées à la frontière, leur consommation était tolérée dans le cadre privé.
Le Royaume de l’Homme était dirigé par un conseil d’anciens comprenant des représentants de toutes les principales villes ainsi que des groupes nomades. Supervisant le conseil, le Gardien de la Première Loi était élu au sein de celui-ci et tenait ce rôle pour cinq ans. Les Gardiens étaient rarement réélus et le manque de mémoire institutionnelle qui en résultait poussait d’autres nations à voir la Thuvia comme fragile, attendant parfois la fin du mandat d’un Gardien présentant des difficultés en affaires.
Le siège du gouvernement était à Ezkiam, la plus grande ville du pays. Les dirigeants et citoyens de Thuvia suivaient les Lois de l’Homme, écrites par Kalim Onaku en -440 AE, qui prohibaient toute forme de religion à l’intérieur des frontières. La force militaire et pacificatrice principale du gouvernement, particulièrement sur les questions de religion, était la Légion de Gypse.
Vivre sans religion #
Dans le but de protéger le pays de toute influence des dieux, le gouvernement thuvian avait mis en place à Ezkiam une police, la Légion de Gypse, chargée de traquer tout signe divin. Toute personne prise portant sur elle le moindre objet à connotation religieuse se verrait donner une forte amende et encourrait le risque de se voir expulser manu militari du pays.
Mais malgré les interdictions et les risques, de nombreuses églises clandestines s’étaient développées, surtout à proximité de la frontière avec la Tomza, au pied des redoutées Montagnes Affamées, et à l’extrême nord du pays. En effet, comme la nature, la religion avait horreur du vide et les dieux voyaient dans les terres de Thuvia un terreau fertile à la propagation de leur foi. De même, le pays ne pouvant se passer du commerce, le gouvernement fermait parfois les yeux pour les marchands les plus influents qui faisaient d’Ezkiam l’un des plus grands centres commerciaux de cette région du Darthas.
De plus, le territoire étant pratiquement vierge d’influence, il était maintenant neutre aux yeux des dieux qui y envoyaient leurs émissaires extérieurs pour négocier. Ces discussions, parfois houleuses, provoquaient régulièrement des phénomènes visibles qui semblaient sans explication rationnelle.
Enfin la libre pensée des thuvians et de leur gouvernement avait toujours attiré des professeurs et des chercheurs illustres dans les universités et dans les observatoires du pays. Leur haut niveau avait permis d’améliorer fortement la qualité des formations et, par conséquent, le niveau des connaissances des habitants.
Vivre sans religion n’allait pas non plus sans quelques problèmes pour les aventuriers qui ne pouvaient dédier leur vie à un dieu et profiter de leurs bienfaits. Mais les thuvians avaient su développer quelques dons, notamment médicaux, qui leur permettaient de se passer de divinité.
Relations internationales #
La Thuvia n’étant pas le moins du monde versée dans la croyance divine, les relations du pays avec ses proches voisins étaient parfois conflictuelles, surtout avec la Tomza où la déesse Samrah occupait une place très importante. Les dirigeants de Thuvia rappelaient quotidiennement aux habitants le bien fondé de la Première Loi en se basant sur l’exemple de ce pays, attisant l’inimitié de la population thuvianne à l’égard de son voisin.
Néanmoins, le pragmatisme de certains dirigeants étrangers prenait le pas sur les croyances populaires. Ainsi, si les me’oriens voyaient d’un très mauvais œil l’athéisme des thuvians, le Prince Rubis Khemet III entretenait de très bon rapports avec Malduoni.
Les autres pays du Darthas n’avaient aucun intérêt aux yeux des thuvians, soit parce qu’ils étaient trop éloignés, soit parce qu’ils n’avaient pas le poids économique suffisant pour établir des liens solides. Le Ceoken, par exemple, avait ses centres économiques trop éloignés d’Ezkiam pour avoir une quelconque influence économique. Et ce bien que certaines tribus nomades situées à proximité de la frontière la traversent régulièrement pour vendre leurs produits sur les marchés du pays.
Le principal frein à l’expansion économique de la Thuvia était représenté par la forte présence de pirates venus des Chaînes dans les eaux situées au large d’Ezkiam. Les navires marchands qui se rendaient au port de la capitale étaient régulièrement abordés et pillés, voire coulés par le fond.
Les autres voisins de Thuvia étaient vus comme une preuve du bien-fondé de la Première Loi.
Habitants #
Les habitants de la Thuvia étaient majoritairement – pour ne pas dire entièrement – Humains. En effet, peu de non-humains acceptaient l’athéisme du pays, et refusaient donc de se soumettre à la Première Loi. Les Elfes, principalement, dont la culture était très religieuse, voyaient d’un mauvais œil cette indépendance par rapport aux dieux. Les Halfelins y étaient, par contre, les bienvenus de par leur nature joviale et leur flegme naturel leur permettant de ne pas se sentir concernés outre mesure par l’absence des dieux.
Comme dans tous les pays, les Demi-Orques étaient vus comme des parias, des erreurs de la nature, et peu d’entre eux se promenaient donc dans les cités thuviannes. Les Gnomes eux non plus, n’étaient pas forcément les bienvenus ; leur caractère exubérant et leurs étranges aptitudes magiques éveillant le doute des thuvians sur leur connexion aux dieux, certains allant même jusqu’à prétendre qu’ils étaient des dieux dissimulés. Ce ressentiment envers les non-humains était principalement le fait du Gardien Malduoni, qui lisait les Lois de l’Homme comme celles des Humains, et appliquait donc une politique répressive à l’égard de ceux qu’il considérait comme des ennemis de l’ordre.